Le débat

Vers une réponse collective de « grands utilisateurs » de l’internet à la consultation « internet du futur » : les débats

La consultation publique sur l’internet du futur comprenait 12 questions, souvent découpées en sous-questions. Nous avons construit notre travail commun autour d’une sélection de questions qui portent plutôt sur les usages, les conditions de leur émergence, et les principes de construction de l’internet du futur :
  1. Quels services et usages en 2020, et quels conséquences sur l’internet ?
  2. Comment caractériser l’internet du futur ?
  3. Quel cahier des charges pour l’internet du futur ?
  4. Quelles approches de ruptures ?
  5. Questions de structures – qu’il n’est peut-être pas nécessaire de retenir.
Le débat était introduit par un « texte de cadrage » destiné à engager le débat en vue d’une réponse collective et publique à la consultation « Internet du futur » :

Le secrétariat d’Etat chargé de la Prospective et du développement de l’économie numérique, lance une consultation publique sur l’Internet du futur.
Introduite par un document dont nous saluons la qualité, cette consultation doit permettre « la définition d’un plan d’actions destiné à positionner la France dans le développement de l’internet du Futur, et favoriser ainsi les retombées économiques et industrielles pour notre pays. »
Elle porte notamment :
· sur l’identification des thématiques liées au concept d’internet du futur (technologies du « cœur de réseau », réseaux d’accès, réseaux spontanés, internet des objets, contenus, usages et services…)
· sur l’organisation de la recherche, des plateformes d’expérimentation et des pôles de compétitivité, en lien avec ces thématiques
· sur les actions à mettre en œuvre pour préparer l’industrie française à ces changements…
La Fing, Silicon Sentier et l’Isoc France, ainsi qu’un certain nombre d’individualités marquantes de l’internet français, ont choisi de s’associer dans le but de proposer une contribution publique à cette consultation. Elles le feront au travers d’un processus ouvert, à la fois en ligne, et au travers d’une journée de travail organisée le 26 juin prochain (Paris 2e, La Cantine, 151 rue Montmartre).
Les lignes qui suivent ont pour objet de proposer l’angle sous lequel nous envisageons d’examiner la thématique de l’internet du futur.

Le succès de l’internet repose sur un certain nombre de choix forts

La force de l’internet réside dans la simplicité, le caractère même sommaire de ce qui le constitue : un système d’adressage (IP), des protocoles de communication de base (TCP par exemple) et une architecture générale qui n’établit pas (en principe du moins) de hiérarchie entre les appareils connectés. On entre dans l’internet parce qu’on sait parler avec le reste de l’internet, rien de plus. L’internet vise à tout connecter, il ne fixe pas de limite, il ne dit pas pourquoi cette connexion a lieu. C’est pour cette raison que l’internet peut être décrit comme « neutre » vis-à-vis de ses usages.
Cette simplicité a rendu l’internet extrêmement adaptable. Elle est, dans une large mesure, à l’origine de l’incroyable succès de l’internet, qui a su, en 20 ans, passer de 10 000 à plus d’un milliard de terminaux connextés (et bien plus d’utilisateurs), tout en supportant des usages de plus en plus divers et exigeants, sans jamais s’effondrer, sans non plus fondamentalement changer.
Ce succès repose sur un certain nombre d’arbitrages le plus souvent implicites, mais qui n’avaient rien d’évident : une qualité relative et jamais garantie, ainsi qu’un certain degré d’insécurité, en échange de la possibilité de connecter tout avec tout, tout le monde avec tout le monde, et d’inventer sans cesse de nouveaux services et de nouveaux usages.

Un modèle aujourd’hui fragilisé

Le modèle de développement de l’internet est aujourd’hui fragilisé pour de multiples raisons :
· La taille de l’internet : Avec plus d’un milliard d’humains et autant d’objets connectés, les 4 milliards d’adresses disponibles deviennent dramatiquement insuffisantes, d’autant qu’elles sont très inégalement réparties. Par ailleurs, malgré l’augmentation constante de la bande passante, un problème de puissance se pose au niveau du routage : comment retrouver très rapidement des adresses dans des tables de routage immenses avec des routeurs qui arrivent à la limite de leur capacité de calcul ?
· Son caractère critique pour de nombreuses activités humaines : l’architecture de l’internet contient de nombreux éléments de vulnérabilité, tels que les « serveurs racines » du système des noms de domaines (DNS). La sécurité, la qualité de service, ne font pas partie du cœur de l’architecture internet. Les réseaux qui s’appuient sur l’internet s’exposent à des attaques, des pannes ou des dysfonctionnements qui pourraient, pour certains d’entre eux, avoir des conséquences graves.
· La volonté d’entreprises et d’acteurs publics de contrôler d’une manière de plus en plus étroite les usages du réseau, quels qu’en soient les motifs.
· L’émergence de nouvelles pratiques et de nouveaux besoins : en particulier la mobilité, des usages multimédias de plus en plus exigeants (en bande passante, mais aussi en stabilité des débits et en temps de réponse – latence), ainsi que la connexion de milliards d’objets, avec en outre des préoccupations d’économie d’énergie.

Quels principes pour l’internet du futur ?

Face à cette situation, plusieurs réponses se proposent et parfois, s’opposent. Certaines tentent de faire évoluer l’architecture actuelle sans en remettre en cause les fondements. D’autres considèrent qu’on ne fera pas l’économie d’une remise à plat complète – mais selon quels principes ?
C’est autour de ces principes que s’organisera la réflexion que nous proposons. Nous la formulerons en choisissant un point de vue particulier : celui des utilisateurs des réseaux que nous sommes, en tant qu’individus, ou en tant qu’organisation qui développe des produits et des services qui s’appuient sur l’internet.
Du point de vue de ces acteurs, ce qui importe aujourd’hui est de préserver ce qui a fait de l’internet la formidable plate-forme d’innovation, d’expression et de création qu’il est aujourd’hui :
· Une architecture délibérément agnostique vis-à-vis des services et des usages, prévue pour les usages qu’on ne sait pas prévoir ;
· Un réseau neutre, sans conditions d’accès discriminatoires, qui ne pénalise pas certains acteurs par rapport à d’autres ;
· Un réseau à vocation universelle, dont l’ambition demeure de connecter tout et tout le monde, dans le monde entier, à un coût toujours plus faible, et sans limitation quant aux usages;
· Un réseau où, sans être au-dessus des lois, les usages, les expressions, les productions, se déploient dans la plus grande liberté.
Comment, dans le respect de ces principes, répondre à la crise de croissance de l’internet, accommoder les nouveaux usages et les nouveaux utilisateurs, limiter les risques et éviter des drames ?

Nous vous invitons à répondre collectivement à cette interrogation. Pour cela, inscrivez dans la zone commentaire ci-dessous vos réponses aux questions suivantes:

  • Quels sont les 3 objectifs que doit poursuivre selon vous le travail sur l’internet du futur ?
  • Quels sont les principes sur lesquels il doit se fonder?
  • Que doit être, selon vous, absolument préservé de l’internet d’aujourd’hui?
  • Que doit absolument changer?
  • Que faut-il réparer?
  • Que faut-il inventer de neuf ?

Règles de fonctionnement : des contributions pas trop techniques, constructives et synthétiques.


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13 réponses à “Le débat

  1. Hervé Le Crosnier

    Que faut-il inventer de neuf ?

    Une seule réponse par commentaire, pour commencer.

    Alors elle sera autour du besoin d’un calcul des usages non intrusif pour les personnes.

    Les pages « web » sont dorénavant des regroupements entre documents (textes, sons, vidéos,… et documents composites utilisant HTML pour présenter les divers composants) et applications (commerce électronique, météo, flux rss, cartes, services divers,…).

    De ce point de vue, les pages web, repérés par l’URLde la barre de location des navigateurs sont des « médias » support d’informations et de services.

    D’un autre côté, la production de documents (textes, musique, vidéo, présentations,…) peut répidement devenir indépendante des « pages webs » qui leur servent de premier support (par exemple le système spip-to-spip pour l’échange de documents entre sites utilisant le logiciel de CMS Spip).

    Les système de calcul des usages (web_analytics) restent liés aux « pages web », en général pour favoriser le tuning publicitaire des « médias-web ».

    Or nous avons aussi besoin d’évaluer les usages des documents eux-mêmes, afin de procurer un retour aux créateurs. Un retour symbolique, par agrégation des lectures de documents proposés en mode partage (creative commons, ou autres licences ouvertes). Et un retour économique dans le cadre de la mise en oeuvre, inéluctable à court ou moyen terme, de système de collecte centralisée et répartition en fonction des usages (licence globale, mécénat global, abondement des pouvoirs publics,…).

    Un tel système ne peut ni être centralisé (cf. le danger de monopole dénoncé à propos du Google Book Registry), ni dépendant d’une structure nationale, ni laissé à la bonne volonté d’entreprises spécialisées (notamment en raison des risques de main-mise des mafias). L’interconnexion des registres d’évaluation, la notation des agences gérant ces registres, la normalisation des échanges, les vérifications statistiques de la bonne gestion par ces agences, sont des enjeux d’une architecture de suivi des usages qui va venir se surimposer sur celle de l’internet.

    Enfin, aujourd’hui les systèmes de traçage et d’évaluation sont organisés pour mieux connaître les usagers, la clé de distribution des documents étant annexe dans ce cadre… Or cela comporte des dangers pour la protection de la vie privée, et ouvre des brêche pour l’industrie de l’influence, fragilisant les individus.

    Comment garantir le suivi des usages des documents en préservant la vie privée des lecteurs ? Un véritable défi de l’internet du futur.

  2. Quelques bases pour la formation du regard sur l’architecture du réseau en vue d’une auto-régulation de sa structure et de ses usages?

    Il est dit: « La force de l’internet réside dans la simplicité, le caractère même sommaire de ce qui le constitue : un système d’adressage (IP), des protocoles de communication de base (TCP par exemple) et une architecture générale qui n’établit pas (en principe du moins) de hiérarchie entre les appareils connectés. »

    —> Si architecture générale n’établit pas de hiérarchie, en revanche, elle en favorise intrinsèquement l’émergence. Et cette hiérarchie est planétaire: « the winner takes all » (Google, Verisign, etc.). Cela me semble être un point crucial à souligner car cette concentration d’information, de pouvoir et de capitaux est explosive. Je l’ai écrit plusieurs fois, dans cette hiérarchie, « nous avons perdu » (GAME OVER http://perspective-numerique.net/wakka.php?wiki=IriOlivierAuberOct08 ). La refondation de l’architecture dans le sens d’un nouvel équilibre sociétal passe à mon sens par un nouveau regard commun sur l’architecture.

    « ce qui importe aujourd’hui est de préserver ce qui a fait de l’internet la formidable plate-forme d’innovation, d’expression et de création qu’il est aujourd’hui »
    * Une architecture délibérément agnostique …
    * Un réseau neutre…
    * Un réseau à vocation universelle…
    * Un réseau où, … les productions, se déploient dans la plus grande liberté. »

    —> Il me semble que le verbe « préserver » laisse planer l’idée d’un internet originaire à la Rousseau où ces conditions auraient été remplies. Or comme je le dis plus haut, l’architecture de l’Internet telle qu’elle est depuis le début est grosse des déséquilibres que nous observons (cf. Alexander Galloway http://perspective-numerique.net/wakka.php?wiki=IriAlexanderGallowayOct08Video ). Il me semble donc que le verbe « construire » serait plus pertinent: tout est à faire!

    « Comment, dans le respect de ces principes, répondre à la crise de croissance de l’internet, accommoder les nouveaux usages et les nouveaux utilisateurs, limiter les risques et éviter des drames ? »

    —> Une piste à mon sens est dans l’éducation des regards. Comme je le signalais en commentaire d’un billet de JMM que je reproduis ci-dessous:

    http://www.internetactu.net/2009/05/25/la-convergence-des-sciences-13-un-choix-de-societe/#comment-1003012

    Jean-Michel Cornu dixit: “Il n’est pas nécessaire d’en comprendre tous les fondements techniques, mais de comprendre seulement l’architecture”

    Oui, oui et re-oui, mais comment rendre lisible cette architecture, j’entends au sens politique et social car c’est ce qui importe in fine au commun des (im)mortels? Il est proposé une grille d’analyse dans Prospectic (le dernier libre de JMC): c’est celle de la “perspective” (spatiale, temporelle ou numérique). Sans entrer dans les détails théoriques, il s’agit simplement d’apprendre à distinguer dans une applications NBIC la nature de ce qui “lie” les usagers (ou les victimes), – entre eux d’une part, et avec l’application et l’organisation humaine qui l’a met en place, d’autre part -.

    Trois bonnes questions peuvent être posées:

    1) L’application est-elle intimement dépendante d’un centre physique particulier (un laboratoire, le siège d’une multinationale, un centre de commandement, etc.)?

    2) L’application nécessite-elle une connexion quasi-permanente « en temps réel » des parties concernées avec ce centre (via un serveur, un centre de distribution, un centre de calcul, etc.)?

    3) L’application met-elle en œuvre un « code » qui doit être partagé par toutes les parties impliquées ? Cela peut être un logiciel particulier, une (nano)machine, une fréquence radio, une adresse internet, une clé de cryptage, un protocole d’échange, un langage, un gène, un virus ou une molécule…

    Dans les trois cas, les question subsidiaires sont: quelle est la rétroaction des usagers (…) sur le centre physique, ce commutateur ou ce code? A qui appartiennent-ils? Comment sont-ils gouvernés?

    Il va de soi que la plupart des applications que l’on pratique aujourd’hui, on est amené à répondre OUI aux trois questions. Dans le cas de l’application « Iphone » par exemple, les réponses sont : 1) Apple 2) Apple Store 3) l’objet Iphone lui-même. Faites vous-même l’exercice avec les application « Skype », « Vélib », etc. et tentez de répondre aussi aux questions subsidiaires…

    Dans le cas des applications véritablement NBIC, les réponses sont plus complexes à formuler, notamment sur la question de gouvernance du « code », mais des analogies avec des applications connues de longue date peuvent aider. Par exemple le « tabac » peut être vu comme une application NBIC ancétrale. Les réponses seraient dans ce cas : 1) Industries du tabac 2) Circuit de distribution 3) Nicotine. Réponse à la question subsidiaire : la régulation de l’industrie du tabac a longtemps été confiée à des monopoles nationaux (SEITA), aujourd’hui elle s’opère essentiellement par voie fiscale (surtaxe), par la consommation ou la non-consommation, et la spéculation.

    En résumé, il n’est pas si compliqué d’aiguiser la comprenette de nos contemporains sur ce qui les attend avec les NBIC (et l’Internet), à condition qu’il existe une véritable volonté politique de le faire. Et c’est là que ça se corse, car les acteurs sont juges et parties. Voudront-ils que leur position soit mise à nue?

  3. Jean-Marie Chauvet

    Alors que l’introduction de la consultation publique sur l’Internet du futur insiste sur l’impact socio-économique majeur attendu de l’évolution ou de la redéfinition de l’Internet, les « six facettes » qui sont proposées comme grille de lecture relèvent toutes du seul plan technique. Même les thèmes « Internet des contenus » et « Internet des usages » sont envisagés sous un angle technique ou scientifique : formats, codages, compression, indexation, orchestration de services, Web sémantique, géo-localisation, etc.

    Ce point de vue technocentrique est bien sûr issu du Rapport originel du GRIF, remis en juin 2008, qui délimite ces six facettes technologiques de l’Internet du futur. Cependant, le texte de la consultation publique ne reprend finalement que peu d’éléments, et de façon sporadique, de trois grands chapitres du Rapport qui ont trait, notamment, aux forces et aux faiblesses du dispositif académique, de la recherche et du développement industriels, et des grands programmes français dans ce contexte.

    En particulier, le point de la gouvernance et des modes d’organisation économique et sociale qui devraient faire partie intégrante de l’Internet du futur sont à peine évoqués, comme en passant. L’Internet du futur n’est pas qu’une collection de nouvelles technologies plus ou moins liées en fagots « coeur de réseau », « accès », « réseaux spontanés », etc. C’est un système complexe incluant principes, normes, procédures de prise de décision et programmes communs propres à guider son évolution.

    L’actualité vient jeter un éclairage inconfortable sur l’importance de l’intégration dès le début de la gouvernance dans la réflexion sur l’Internet du futur. Quelles furent parmi les premières actions immédiatement mises en oeuvre après des événements aussi différents, survenus dans des pays aussi éloignés, que le décès d’Omar Bongo et l’élection présidentielle en Iran ? Coupure générale de l’accès Internet à toute la population du Gabon et de l’Iran, isolement du pays de la communauté mondiale et entrave à la circulation de l’information qu’elle vienne de l’intérieur ou de l’extérieur. (Sans parler de « Green Dam », opérationnel ces jours-ci, pour contenir les internautes chinois dans le strict périmètre de la censure généralisée voulue par le politique.) Le politique pèse sur le social en instrumentant Internet.

    Autre exemple édifiant, France Telecom menace d’attaquer en justice sur le prix de la quatrième licence de téléphonie mobile en France, du haut de sa position d’ancien monopole, avec l’objectif de faire plier le gouvernement. L’économique pèse sur le politique en instrumentant Internet (ici mobile, voix et données).

    Le second point essentiel du Rapport du GRIF, plutôt éludé dans le texte de la consultation, est celui de l’enseignement et de l’éducation. Fondé, probablement sur une analyse juste pour les Etats-Unis mais impossible à transférer telle quelle en France, le Rapport aboutit néanmoins à une conclusion tout à fait juste : la nécessité de créer et diffuser un véritable cursus « Sciences de l’Internet » dans l’enseignement si l’on veut relever les défis de l’Internet du futur. Le Rapport du GRIF rappelle en effet que les grands acteurs industriels dominant l’Internet actuel sont, aux Etats-Unis, souvent issus des centres d’excellence universitaires comme l’Université de Stanford, UC Berkeley, UCSD, CMU, MIT, CalTech et d’autres d’où viennent Cisco, Yahoo!, Google, Qualcomm et tant d’autres. Mais le fonctionnement de l’interface académie-entreprise est si particulier aux Etats-Unis, et depuis longtemps, qu’imaginer sa transposition (rapide) en France — compte-tenu de l’historique universitaire national — paraît un voeu pieux. Une discipline « Sciences de l’Internet » à vocation appliquée plutôt que théorique, au cours d’un cursus qui profiterait de l’accumulation d’expérience acquise dans la conception, la modélisation, le déploiement, la mesure, la pratique et les usages du réseau depuis les quarante dernières années donnerait là une avance considérable dans la construction de l’Internet du futur.

    Pour s’en tenir au niveau élevé de l’ambition annoncée dans le texte de la consultation, il conviendrait donc d’intégrer pleinement à l’Internet du futur non seulement l’évolution concurrente de la normalisation au plan technique, mais également celle de la gouvernance et de l’enseignement, au plan économique et social.

  4. Les 3 objectifs de l’Internet du Futur :
    – Se structurer autour d’usages directement au service du citoyen (passser du planètaire au local et réciproquement) en l’impliquant dans la conception des services qui le concernent
    – Donner des clés à tous ceux qui utilisent l’Internet personnellement et professionnellement
    – Rendre plus visibles et plus exploitables les expérimentations réussies et identifier les modèles qui marchent en incluant l’économique sans se limiter au business model.
    Principes :
    – anonymat possible dans tous les modes d’acès à l’internet
    – règles contractuelles de type « user/ contributor » permettant une égalité de traitement des utilisateurs d’un même service.
    Ce qui doit être préservé : ce que vous avez cité concernant l’architecture et le réseau.
    Ce qui doit absolument changer: ???
    Ce qu’il faut réparer ?
    L’éducation des utilisateurs des réseaux sociaux notamment, en développant une « pédagogie des traces », en les aidant à identifier les informations utiles et pertinentes à diffuser dans des réseaux « d’amis ». C’est un vrai champ de formation initiale et continue, basée sur la sémiologie et sur la sémantique générale (cf Kozybski).
    Que faut-il inventer ? Inventer, c’est d’abord regarder autrement ainsi que le faisait Léonard de Vinci, le « disegno » conduisant à « l’ingenio ».
    C’est dans ce sens qu’il faut inventer à partir des 3 objectifs cités plu haut.

  5. Erratum dans message précédent : Korzybski

  6. Laurent Vieille

    Pour un Internet des Personnes

    Une dynamique nouvelle pourrait être enclenchée en reclassant certaines problématiques sous la catégorie de « Internet des personnes ». Cette catégorie est implicite, parfois, dans la notion des « usages », dans l’exigence de sécurité. Plus clairement encore, dans certaines acceptions du terme « Web 2.0 ».

    Rendre cette catégorie explicite, alors que l’Internet des Serveurs est celui qui existe depuis le début, et que nous parlons maintenant de l’Internet des Objets, permettrait d’adresser au grand jour des problématiques sociétales, d’usages, de gestion de la vie privée, voire de business.

    Quelles pourraient être les grandes thématiques de cet Internet des personnes ?
     La gestion de la vie privée. Permettre à chaque internaute la gestion de ses traces, la protection de ses images, la propriété de ses écrits.
     La gestion de l’identité des personnes et de la vérification de cette identité : identification des personnes lorsqu’elle est souhaitée ou requise ; approbation par la personne ; compréhension de l’étendue de son accord autrement que par la lecture de « déclaration de respect de vie privée »
     Le maintien de l’anonymat quand il est souhaité et autorisé.
     La responsabilité associée avec l’identité : responsabilité associée aux écrits, aux transactions, aux informations communiquées.
     La confiance dans les échanges sur Internet, que cette confiance se traduise par l’intégrité des échanges, leur confidentialité, la vérification de l’identité du ou des correspondants.

    Y a-t-il un besoin pour adresser ces thématiques ? Il me semble.

    Par exemple dans l’interaction vie privée/ moteur de recherche. Nous utilisons tous des techniques pour éviter que l’adresse mèl affichée sur un site WEB ne soit pas capturée par un robot à des fins de spams ; ou pour que la page WEB associative, confessionnelle, politique qui indique notre contribution ou soutien, n’apparaisse pas en premier sur un moteur de recherche bien connu, ou pour les photos de soirée indiquant des relations non publiques n’apparaissent pas au grand jour d’Internet.

    Nous savons tous que les sites Web offrant des formulaires utilisent des techniques pour éviter que des robots saturent l’utilisation de ces formulaires.

    Nous connaissons les exemples de « vol d’identité » numérique, de messages de phishing pour obtenir les éléments d’accès à des services sécurisés, de serveurs contenant des numéros de cartes de crédit qui disparaissent.

    Une approche globale de « l’Internet des personnes » permettrait de hiérarchiser les concepts, d’organiser les techniques de manière à offrir les champs de liberté personnelle, de gestion des éléments de sa vie privée, de responsabilisation des personnes quant à leurs écrits et transactions, à développer la confiance lors de nos échanges électroniques.

    Quelles technologies associées ? On peut lister de nombreux efforts qui cherchent à bâtir cet Internet des personnes :
     Standards de fédération d’identité, que ce soit SAML, CardSpace, OpenID, certificats PKI, qui permettent de simplifier l’identification des personnes
     Technologies d’authentification, qui permettent de vérifier l’identité des personnes ou des serveurs : matériel, logiciel
     Technologies de la sécurité des communications : intégrité, confidentialité, authentification mutuelle
     Interaction de ces technologies avec les mash-ups, que ces mash-up soient d’entreprise ou grand public, avec les blogs, avec les réseaux sociaux.
     Technologies de stockage dématérialisé, en confiance, mais personnels : pourquoi laissons nous les banques ou opérateurs de télécommunications stocker par défaut nos relevés de compte ou autres factures ? Où stockerons-nous nos bulletins de paie dématérialisés, nos certificats de domicile, etc.

    Le manque de coordination de ces efforts technologiques est patent. Leur échec est il annoncé simplement parce que nous n’avons pas la bonne perspective ? La notion d’ « Internet des personnes » pourrait servir à bâtir cette perspective.

  7. En tant que citoyenne numérique, j’aimerai qu’un des axes forts de l’Internet du Futur soit le respect à la déconnexion. C’est à dire que, lorsque l’Internet des objets va prendre de l’ampleur, reliés entre eux via quantité de puces RFID, je demande la possibilité de désactiver ces puces, sur tous les objets qui sont ou vont entrer dans ma maison.
    La concentration des échanges numérique est invisible et inodore, mais l’emprise technologique sera de plus en forte sur nos vies « terrestres ». Et la notion d’enfermement par une « communication totale » sera difficile à supporter.
    Donc, respect de l’humain, de notre humanité, avec le libre choix pour chacun.

    « Liberté, égalité, humanité ».

  8. Je suis d’accord avec ce texte de cadrage, qui me semble très bien.

    Par contre, la phrase « Un réseau où, sans être au-dessus des lois, les usages, les expressions, les productions, se déploient dans la plus grande liberté » me semble beaucoup trop tiède sur le question pourtant cruciale des droits et des libertés ; trop généraliste aussi. Bref, elle ne dit pas grand chose. Je serais plutôt partisan de réclamer le respect des droits fondamentaux sur le réseaux, et pointer du doigt que ce qui fait problème, ce sont les conditions concrètes par lesquelles ce respect peut être assuré sur Internet. Sans quoi l’Internet du futur a bien peu d’avenir.

  9. Peut-être pourrait-on introduire dans ce texte la notion d’Internet « génératif », qui résume bien en fait une bonne partie des propositions qui y sont avancées ?

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  12. Pierre, nous avons en effet utilisé (un peu) ce terme d’internet « génératif » dans le texte final. Il est mal connu ici, mais il dit tout à fait ce qui nous intéresse.

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